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2017 : l'année des serpents ?


  • "Il faut chaud, les chemins sont secs et les herbes hautes. C'est infesté de serpents en tous genres, j'en ai croisé et vu bondir plusieurs devant ma roue avant lors de ma dernière sortie VTT... Il y en a même un qui est resté accroché en mordant à mon pneu arrière, et qui a fini coupé dans les rayons !" affirme Raphaël, vététiste dolois, photo à l'appui...
De nombreux Jurassiens, promeneurs, pêcheurs ou vététistes s'inquiètent d'observer depuis quelques jours une population "anormalement élevée" de serpents, qu'ils ont parfois du mal à identifier. Point de vue scientifique et conseils pédagogiques...

Depuis quelques jours, plusieurs témoignages affluent de la part d'observateurs locaux qui se disent surpris de rencontrer régulièrement, beaucoup plus de serpents que d'habitude.

"J'étais en plein footing dans la forêt de Chaux lorsqu'un gros serpent gris m'est passé entre les jambes. C'est la première fois que cela m'arrive, depuis plus de 10 ans que je cours. J'ai eu la trouille de ma vie !" relate Delphine, joggeuse de la région doloise.

Son de cloche quasi-identique pour Raphaël, vététiste du même secteur, qui détaille, photo à l'appui :

"Il fait chaud, les chemins sont secs et les herbes hautes. C'est infesté de serpents en tous genres, j'en ai croisé et vu bondir plusieurs devant ma roue avant lors de ma dernière sortie VTT... Il y en a même un qui est resté accroché en mordant à mon pneu arrière, et qui a fini coupé dans les rayons !"

L'avis est similaire du côté des habituels aficionados des cours d'eau :

"A cette époque de l'année, je vais à la pêche au carnassier presque tous les soirs. Je peux vous assurer que je n'ai jamais vu autant de couleuvres que cette année ! En plus ce sont des couleuvres vertes et jaunes, une espèce inoffensive mais assez agressive, qui est impressionnante, même pour un grand gaillard comme moi" affirme Philippe, ancien rugbyman et pêcheur quadragénaire de la région lédonienne.

Alors 2017 est-elle l'année des serpents ? Pas du tout ! 

"C'est juste que nous sommes en plein pic de la période de reproduction. Ils doivent impérativement se chauffer pour s'accoupler. Ils sortent donc beaucoup plus... D'ici à la fin du mois de juin, les mâles seront beaucoup moins actifs, et les femelles bien plus discrètes. Surtout que l'on annonce des périodes très chaudes à venir, qui vont les obliger à rester à l'ombre pour éviter l'hyperthermie" explique Alix Michon, herpétologue à LPO Franche-Comté.

 

Cinq espèces de couleuvres et deux espèces de vipères

 

Et pour quelles raisons étranges, les êtres qui ne sont pas comme nous, ça nous dérange...

Diabolisés, souvent exterminés bien qu'ils soient tous protégés, les sept espèces de serpents présentes dans notre région ont la vie dure.

"On assimile trop souvent un serpent à une vipère et dans tous les cas les vipères sont des êtres paisibles qui ne feront que de se défendre si elles se sentent en danger ou dérangées ! Le fait d'être surpris par un animal si différent nous fait peur. Les serpents ont perdu leurs pattes au cours de l'évolution. Leur manière de ramper nous déstabilise et provoque fréquemment l'effroi" poursuit la spécialiste.

Pour être pragmatique, il convient de rappeler qu'il est rigoureusement impossible qu'un humain soit en France la proie d'un serpent. En effet, aucun ne peut nous consommer... 

Certes, il leur arrive de finir par mordre l’homme (par pur instinct de survie), mais seulement quand ils sont acculés car ils nous assimilent à des prédateurs.

Dans le Jura, on recense cinq espèces de couleuvres : la couleuvre à collier (la plus fréquente), la couleuvre vipérine, la coronelle lisse, la couleuvre verte et jaune et la couleuvre d'esculape. 

Par ailleurs, seules deux espèces de vipères sont répertoriées : la vipère aspic et la vipère péliade. Cette dernière espèce étant présente uniquement dans le bassin du Drugeon, dans le Haut-Doubs.  

Ces deux espèces venimeuses utilisent leur venin pour deux raisons : neutraliser leurs proies et se défendre face aux prédateurs. En cas de menace, l'injection du venin n'est utilisée qu'en dernier ressort, après le camouflage, la fuite et l'intimidation. Marcher sur une vipère, mettre la main dessus en remuant un tas de pierres peuvent provoquer un réflexe de morsure. Or, la plupart du temps, il s'agit de morsures "sèches", c'est à dire opérées sans injection de venin. Pas de quoi s'affoler donc.

De plus, les statistiques à ce sujet sont formelles : on enregistre moins d'une morsure mortelle de serpent par an en France. Contre une quinzaine de décès liés aux piqûres de guêpes... 

 

 

"L'herpétofaune est en nette régression, mais le Jura reste assez préservé"

 

"Contrairement à ce que peuvent affirmer certains observateurs, l'herpétofaune (ensemble des reptiles et batraciens) est en nette régression en Franche-Comté, en France, en Europe et plus généralement dans le monde entier. Même si l'on peut noter que le Jura reste encore assez préservé..." souligne Alix Michon. 

Et la chargée d'études poursuit :

"On fragmente et on détruit beaucoup leurs habitats, de manière volontaire ou non ce qui fait qu'ils ont de moins en moins de lieux disponibles pour réaliser leur cycle de vie. Comme ils n'ont pas de système leur permettant de réguler leur température interne, ils sont dépendants des conditions météorologiques et des habitats en place leur permettant de se chauffer tout en restant proches d'abris."

Aussi, afin de se prémunir d'une éventuelle mauvaise rencontre, plus surprenante que dangereuse pour notre intégrité, il suffit de faire part de notre présence.

"Il faut faire du bruit, marcher fort, notamment dans les habitats qui peuvent leur être favorables comme les bords de rivières, les zones rocailleuses, les piles de bois, et tous les milieux de bordure. Dès que le reptile va capter nos ondes ou nous entendre, il va essayer de fuir. C'est un réflexe instinctif, destiné à échapper à la prédation" conclut l'herpétologue.


RAPPEL :
Tous les reptiles sont protégés par la loi selon différentes modalités. Il est interdit de les capturer et/ou de les détruire.

 

Guide détermination des serpents de Franche-Comté : http://files.biolovision.net/franche-comte.lpo.fr/pdffiles/news/GuidesuccintdeterminationserpentsFC-2771.pdf 

 

Cartes de répartition des reptiles et des amphibiens de Franche-Comté : http://files.biolovision.net/franche-comte.lpo.fr/userfiles/publications/AmeliorationdesconnaissancesherpetologiquesFCBilan2016VF.pdf

 


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