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L'Agriculture oeuvre à sa mutation

  • Une assistance intéressée par les échanges
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  • Christophe Buchet, Richard Vignon, Dominique Chalumeaux, Jacky Roche et Frédéric Perrot ont dirigé la séance
Régionalisation des chambres d’agriculture, Projet Élevage Jura, Agrilean… Tour horizon des différents sujets abordés lundi dernier, lors de l'assemblée générale de la Chambre d'Agriculture du Jura.

En la présence de la députée et de la sénatrice du Jura, Danielle Brulebois et Sylvie Vermeillet, la Chambre d’Agriculture a tenu, lundi dernier son assemblée générale.
C’était la dernière fois que Marie-Paule Buthod-Garçon, directrice du laboratoire départemental d'analyses du Jura, assistait à une telle journée dans le Jura. Celle-ci quitte en effet le département pour de nouvelles aventures dans la Drôme. « Après 11 ans, j’avais envie, besoin d’un nouveau challenge », a annoncé avec beaucoup d’émotions celle qui avoue que les Jurassiens ont un bel outil à disposition. Un départ ne vient jamais seul, c’était aussi une grande première pour Nicolas Caire, président de la Société de viticulture du Jura, qui assistait à sa première assemblée.

 

Un point sur la régionalisation des chambres d’agriculture en Bourgogne Franche-Comté

 

Le sujet avait déjà été abordé l’année dernière, mais la régionalisation arrive à part entière à grand pas même s’il subsiste encore des incertitudes sur l’avenir.
« Nous n’avons pas encore d'estimation précise », indique Dominique Chalumeaux, président de la Chambre d'Agriculture du Jura. L’exercice pour 2017 ne tient pas encore compte des discussions en cours, notamment sur la répartition des charges liées au souci de masse salariale et des investissements communs à venir.
Avec un certain nombre de marges prudentielles, l’équipe a cependant essayé de rendre un bilan comptable au plus proche de la réalité.
Aussi, Dominique Chalumeaux a rappelé lors de son discours qu’un séminaire s’était déroulé en début de mois. Cette rencontre a permis de faire un point sur les différentes étapes qu’il reste à mener. Depuis le 1er juillet, les personnels des fonctions supports ont été transférés. Ce ne sont pas moins de 540 agents venant de 8 établissements. Il reste énormément de travail aux différentes chambres pour travailler dans le même sens et créer un seul et même ensemble et ainsi mettre en place des actions communes…
À cet effet, 4 agents sont mis à disposition pour bois et territoires. « Ici dans le Jura, nous avons un modèle abouti. Nous devons avoir une entente intelligente. Nous avons souhaité une reproduction du même travail élargi à la région », développe Jacques Louis, de la délégation régionale du centre national de la propriété forestière.

 

La création du « projet Élevage Jura »...

 

Ce projet, salué par Franck David, vice-président du Conseil départemental en charge de l’agriculture, a été créé pour faire face à la diminution du nombre d’éleveurs et endiguer la concurrence plus draconienne. Il a aussi été réalisé pour pouvoir maintenir une activité d’élevage surtout dans le Jura, garder un pouvoir de décision à un échelon de proximité, et pour braver la réorganisation à venir de l’ensemble des organisations de l’élevage français avec la mise en œuvre au 1er novembre 2018 du règlement zootechnique européen.
« Cela va permettre de garder une structure départementale car le département se démarque par une action, qui va être copiée. Je salue que ça ait été discuté et rediscuté car même si la gouvernance politique n’a oublié aucun acteur de l’élevage, je sais que c’est difficile. Mais c’est bien de parler avec une seule et même voix », explique Franck David, ancien vétérinaire. Cette création votée lors de cette assemblée a une volonté très claire, une meilleure efficacité aux bénéfices des éleveurs du Jura.
La naissance de ce projet sera actée lors de sa présentation à Champagnole, le 18 décembre prochain.

 

… Et Agrilean, un diagnostic sur la production laitière

 

Cet audit est un outil de conseil qui a pour objectif de voir les points forts et les points faibles et ainsi offrir une valeur ajoutée. Agrilean offre une fiabilité et une sécurité. Ce projet a vu le jour au départ dans le Doubs et fier de son succès s’est élargi au Jura. Il offre une hausse de marges aux éleveurs laitiers pour l’instant. Il révèle que tout le monde a des progrès possibles à apporter à son affaire.
« À quand un Vitilean ? », s’interroge Nicolas Caire, admiratif du bien qu’apporte l’agrilean à la production laitière.
Comme chaque année, le sujet du changement climatique a également été évoqué car il s’agit d’un sujet complexe, qui tient à cœur de Dominique Chalumeaux.
Le président de la chambre d'agriculture du Jura a tenu à rappeler l’originalité des différentes Chambres d’Agriculture, reconnue par les autres acteurs de l’adaptation au changement climatique et le fait qu’il faut que tous les acteurs de la profession doivent être responsables. Dans la continuité des enjeux liés au changement climatique, la Chambre d’Agriculture du Jura est partie prenante dans 4 projets de méthanisation dans le but de convaincre l’État de relancer le projet sur le photovoltaïque et l’accompagnement sur le volet énergétique.

 

Et où en est le Jura dans l’agro-écologie ?

 

Ce sujet cher à Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’agriculture, est un thème important dans le Jura.
En partenariat avec les lycées agricoles et la tête de réseau pour appui et méthode aux entreprises, les chambres de la Région Bourgogne Franche-Comté, sous la houlette de la chambre régionale, ont été sélectionnées par le réseau rural régional dans un but d’accompagner les exploitants et les exploitations dans la transition environnementale.
Le sujet des zones vulnérables a revu le jour revenant sur la mise en application de la trentaine de communes. Un travail s’est engagé en septembre dernier à l’échelle de la nouvelle région. Les équipes de la chambre ont également mis en place, une offre d’accompagnement des exploitations agricoles concernées et donné des réunions d’information de sensibilisation et d’information auprès des 70 exploitants touchés. .
Autre sujet important, les zones de non-traitement, qui interdisent l’utilisation de produits phytosanitaires aux abords de cours d’eau... Pour avancer dans cette mise en application depuis le 4 mai 2017, une cartographie des cours d’eau a été présentée par la direction départementale des territoires (DDT). À cette occasion, le Préfet Richard Vignon s’est rendu sur le terrain de Tavaux, le 6 novembre dernier. Un déplacement qui a été salué à maintes reprises pendant la matinée.

 

Des maladies qui inquiètent !

 

Le Jura est touché par un nouvel épisode d’apparition de la fièvre catarrhale ovine (FCO) de zone 4. 
Si le département n’est pas impacté directement, il l’est indirectement de par sa situation géographique avec la Haute-Savoie atteinte. Cela cause de réels soucis dans le secteur de l’élevage « Il faut bien respecter le protocole », explique Dominique Chalumeaux.

Le souci de flavescence dorée continue d’être au centre des débats, puisque depuis la trouvaille de foyers primaires du côté d’Arbois, une campagne de prélèvement a été menée. Pour un coût de 42 000 €, 1 209 analyses ont été réalisées soit 1 600 hectares sur 1 850. Les résultats de cette campagne devraient tomber dans les jours à venir. Le préfet salue le travail réalisé à ce sujet et espère que cette prospection aura les effets souhaités.

Dernière maladie qui inquiète les agriculteurs jurassiens c’est l’ambroisie. Bien que le Jura soit bon élève en Bourgogne Franche-Comté, cela ne suffira pas. La plante se développe dans toute la plaine jurassienne et plus de 250 communes sont touchées. Tout doit être mis en œuvre pour éradiquer le plus rapidement possible ce fléau. La Chambre d’Agriculture du Jura se rapprochera de ses partenaires et de l’agence régionale de santé pour envisager les actions utiles, surtout auprès des agriculteurs réticents.

 

Des difficultés pour recruter...

 

L’un des sujets qui a été abordé à plusieurs reprises et pas uniquement dans le monde de l’agriculture c’est celui des difficultés de recrutement. Beaucoup se sont plaints de manquer de main-d’œuvre et avouent avoir fait appel à des étrangers notamment pour les vendanges. C’est un problème qui se multiplie dans tous les secteurs dans le Jura, comme ailleurs.

Certains agriculteurs se sont inquiétés de la présence de loups dans les régions proches et d’autres ont rebondi sur les attaques de plus en plus fréquentes des félins.
« On parle beaucoup du loup et peu du lynx, car c’est un peu une icône de la région. Il ne faut pas que l’on oublie », avance Nicolas Saive, président des jeunes agriculteurs, qui relatait un nouvel épisode à Nogna.

 

Un seujet sensible :  le glyphosate...

 

Au moment de l’assemblée générale, le verdict n’était pas tombé et tous étaient dans l’attente de savoir si le glyphosate allait être supprimé ou non. Depuis nous le savons, ce dernier est prolongé en Europe pour 5 ans, mais le Président Macron souhaite l’éradiquer dans les 3 ans à venir.
« Pour moi, ce n’est plus un problème, car nous l’utilisons moins, dans des quantités infimes », observe Nicolas Caire. Un avis rejoint par Nicolas Saive qui avoue ne pas être fier d’utiliser ce produit mais qui comme beaucoup est dans le besoin d’accompagnement. « Nous avons besoin de nouvelles méthodes. Arrêtons de nous focaliser là-dessus », ajoute-t-il.

Une matinée chargée conclue comme le veut la tradition par le préfet Richard Vignon. « Nous sommes face à un double enjeu très important celui des nouvelles attaques environnementales et celles du foncier », rapporte-t-il avant de terminer « Nous devons trouver le bon équilibre et mettre en avant les projets de territoires ».


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