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En marche vers une majorité écrasante

C’est un tsunami qui déferle sur l’Assemblée Nationale après ces élections législatives. La République En Marche (LREM), parti crée il y a peine seize mois, a très probablement conforté lors du second tour la tendance apparue au soir du 11 Juin. En faisant élire, à priori, de 400 à 440 députés dans la future Assemblée, le parti crée de toutes pièces par Emmanuel Macron, s’assure l’une des majorités les plus importantes de l’histoire de la cinquième République.

 

Dans une période de crise, qui voit la victoire d’une forme de « dégagisme », les électeurs ont décidé de confirmer le choix qu’ils avaient effectué lors de la présidentielle. Alors que les partis de gouvernement traditionnels souffrent, à l’heure actuelle, d’un grave déficit d’articulation entre les valeurs qu’ils incarnent et les projets qu’ils proposent, les Français ne parviennent plus à mettre leur programme en perspective et se sont laissés tenter par le positionnement d’Emmanuel Macron : l’efficacité avant tout. En offrant l’image d’un gouvernement composé à la fois de politiques et d’experts, tout en redonnant du lustre à une fonction présidentielle, abîmée par deux quinquennats, le Président de la République a su capitaliser sur les mécanismes de la Vème République,  dans laquelle tout procède de la logique présidentielle conjuguée au fait majoritaire,  pour sortir grand vainqueur de ces élections législatives.

 

Des partis sonnés dès le premier tour. Dès le soir du 11 Juin, le raz de marée LREM, a bien eu lieu, balayant sur son passage l’ensemble de ses concurrents. Le Parti Socialiste doit faire face à une véritable hécatombe, douze anciens Ministres, le premier secrétaire, l’ancien candidat à la présidentielle et des dizaines de sortants ont été éliminé dès le premier tour. Le Parti à la rose enregistre sa plus lourde défaite depuis sa création en 1969 et rentre dans une phase de turbulences interne alors que sa survie, en tant qu’acteur majeur de la vie politique, est menacée. La droite, si elle se trouve en moins mauvaise posture, est en position d’échec. Sur le papier, elle constituera la première force d’opposition, mais plusieurs de ses cadres se sont déjà déclarés prêts à voter la confiance au Gouvernement. Une scission semble inévitable, mais surtout une véritable reconstruction idéologique s’avère obligatoire afin de clarifier des positions aussi diverses que celles de Xavier Bertrand ou de Laurent Wauquiez et de pouvoir se poser en force d’alternance crédible. Le Front National comme la France Insoumise ne sont pas parvenus à tirer profit des dynamiques présidentielles de leurs leaders lors de ces élections législatives. Bien qu’identifiés par les Français, comme les forces d’opposition les plus représentatives, ces deux formations réalisent des scores en dessous de leurs espérances. Détail qui a son importance, alors que la concurrence va devoir appliquer une cure d’austérité, le parti présidentiel va voir s’ouvrir la manne du financement public. Une aubaine pour une « start-up » qui va lui permettre de se structurer, de se professionnaliser et de travailler son ancrage local en vue des prochaines échéances électorales…

 

Haro sur le scrutin majoritaire ! Depuis les résultats du premier tour, ce mode de scrutin serait responsable de tous nos maux. Avec un peu plus de 32% des voix au premier tour, la majorité présidentielle rafle les trois-quarts des sièges au second. En apparence, la déformation de la représentativité est évidente, encore plus si l’on prend en compte une abstention qui a battu tous les records cette année. Premier paradoxe, ceux qui critiquent le plus le système, sont ceux dont l’électorat c’est le plus abstenu. Personne ne peut dire dans ce scrutin, que l’offre politique était uniforme ce qui aurait pu décourager les Français. Au contraire, les partis les plus divers ont présenté des candidats sur un éventail idéologique très large. Si plus d’un électeur sur deux n’est pas allé voter le 11 Juin, c’est aussi parce qu’une partie d’entre-eux considéraient l’affaire comme pliée. En l’espèce, l’abstention est une forme d’approbation. Pas très conventionnelle, ni très civique, mais compréhensible. Mais pour les (mauvais) perdants des 11 et 18 Juin, il est plus pratique de reprocher la défaite et l’abstention au scrutin uninominal à deux tours que de s’interroger véritablement sur les racines du mal. On aurait tort de croire que le scrutin proportionnel serait un remède miracle. Si mathématiquement ce type de scrutin offre une meilleure garantie de représentativité, chacun étant présent au Parlement en fonction de son influence, il rend en revanche beaucoup plus délicat l’émergence de majorité nette. Il faut donc que différents partis s’entendent entre-eux pour gouverner à travers des coalitions. Ces alliances hétéroclites sont par définition fragiles et génératrices d’instabilité. Mais surtout, l’électeur se voit dépossédé de son choix idéologique, au profit des partis politiques, libres de négocier une plateforme de gouvernement sans rapport avec celle présentée lors des élections. La distorsion démocratique serait alors tout autre que la surreprésentation d’une formation crée par le scrutin majoritaire…

 


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