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L'invité de la semaine : Anas Boukami

  • Anas Boukami, vice-champion d'Europe de street soccer sera dimanche 22 avril prochain à la salle des Crochères de Montmorot.
  • Anas Boukami, vice-champion d'Europe de street soccer sera dimanche 22 avril prochain à la salle des Crochères de Montmorot.
Le vice-champion d'Europe de street soccer sera dimanche 22 avril prochain à la salle des Crochères de Montmorot, pour assister au tournoi organisé par le groupement jeune Jura Foot Centre. Dribbles, râteaux, virgules, et autres passements de jambes seront au programme de l'événement, que le lycéen parisien de 17 ans a choisi d'honorer de sa présence. Rencontre avec un artiste gestuel d'exception.

Anas, toi qui as seulement 17 ans et qui es encore au lycée à Paris, dis nous quand, pourquoi et comment es-tu venu au street soccer ?

J'ai toujours été passionné de foot, depuis que j'ai quatre ou cinq ans... Particulièrement par la technicité.

Durant l'adolescence, j'ai un peu délaissé le foot pour les jeux vidéo. Et puis, il y a deux ans, j'ai retrouvé des vidéos de free style football qui dataient de 2006 ou 2008... J'ai regardé ces cassettes et commencé à tenter quelques gestes techniques en solo avec un ballon. Petit à petit, j'ai réussi à reproduire deux ou trois figures et à appréhender cette sensation étrange que lors des mouvements, le ballon fait partie de moi. J'ai adoré.

La passion a fait le reste...

 

En quoi consiste cette discipline du street soccer ? Quelles sont ses règles, ses habitudes ?

Cela se joue en matchs de trois minutes, en un contre un, deux contre deux, trois contre trois ou quatre contre quatre dans une arène. C'est une cage ronde avec des touts petits buts... où la technique (dribble, ground-move, stratégie et tactique) et l’artistique ont plus de valeur que le fait de marquer des buts. D'ailleurs, avec la règle du Panna Ko, c'est un peu comme en boxe : si l'on réalise un petit pont de manière intentionnelle, on gagne le match quel que soit le nombre de buts marqués ou encaissés !

A partir de plus de quatre joueurs par équipe ce n'est plus du street soccer, cela devient du Futsal puis à sept  ou à onze, du football.

 

Où peut-on faire une partie ?

Un peu partout dans le pays, depuis maintenant une dizaine d'années, il y a des terrains multisports (city stades).

C'est le lieu idéal pour s'amuser car à part des baskets et un ballon, on a besoin de rien d'autre...

Sinon on peut jouer n'importe où au détour d'une rue, sur un coin de parking, dans une pelouse périurbaine...

Ce sport amène des opportunités de cohésion sociale, d'engagement citoyen, de développement personnel ou de respect de l'environnement. Une forme de participation active à la vie sociale de son quartier ou de son village.

Le street soccer est accessible pour  les associations sportives, les collectivités locales, les clubs de foot, les maisons des Jeunes, les centres sociaux ou pénitenciers, les quartiers urbains défavorisés ….


Comment se sont passés tes débuts en compétitions nationales et internationales ?

En 2015 et 2016 je m'entraînais entre deux et quatre heures par jour.

En 2016 j'ai participé à ma première compétition : le championnat de France de petits ponts, où j'ai réussi à terminer dans le top 4 national. Ce qui m'a valu d'être repéré pour des championnats internationaux.

J'ai malgré tout continué à évoluer dans quelques compétitions minimes, comme à Clichy. Mais je me suis fait une entorse en Hollande en 2017...

C'est en fin d’année dernière que les choses se sont accélérées avec l'European street cup, où j'ai terminé dans le top 16 européen avec la Team S3, étant le seul Français et seul mineur de la compétition...

Puis est venu le titre de vice-champion d'Europe de quatre contre quatre, contre les Danois. Chez eux !

Les pays nordiques (Hollande, Danemark, Belgique) sont les plus forts, car ils ont une culture urbaine que nous n'avons pas (encore ?) chez nous, en France.

 

Quel est ton geste technique préféré ?

L'aka 3000 ! C'est une sorte de virgule que l'on réalise, à terre ou en l'air, en deux touches de balle ou plus...

 

Ton regard sur le football "classique" et son évolution technique aujourd'hui ?

Quand je regarde un match de foot, j'aime voir du beau jeu, créatif, avec des passes, admirer le collectif et les individualités des équipes les plus prestigieuses.

Mais ce que j'apprécie le plus, ce sont ces petites touches d'insolence (comme quand Neymar monte sur le ballon une seconde pendant un dribble), ça rajoute de la magie en plus...

Bien sûr, il ne faut pas trop en faire trop car il faut rester efficace. En cela des joueurs comme Cristiano Ronaldo sont des exemples.

 

Justement, quel est ton joueur favori ?

Il y en a deux : Zinedine Zidane pour la beauté du geste et Ronaldinho pour le style et la technique pure.

 

Enfin, quels sont tes projets, et comment envisages-tu l'avenir ?

J'essaye avec le soutien de quelques associations de développer le street soccer dans l'Hexagone. De trouver des freestylers pour représenter la France dans toutes les régions.

Pour l'instant on a des bons résultats dans les grandes villes, mais on a un peu plus de mal dans les territoires ruraux comme chez vous...

 

Quelles qualités faut-il posséder pour être ou devenir un bon street soccer ?

Il faut avant tout être passionné par le ballon, mais pas forcément par le foot...

Mais surtout il faut avoir conscience que le street soccer, c'est un art. Une chorégraphie produite, en musique, avec un ballon. Discipline qui j'espère attirera de nombreux adeptes dans ses rangs.

 

 

 

 


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