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L'invité de la semaine : Benjamin Melot

  • C'est le Pérou pour Benjamin Melot !
  • C'est le Pérou pour Benjamin Melot !
  • Benjamin Melot.
Le jurassien participera en janvier 2019 au 41e Dakar au Pérou, à condition de trouver de nouveaux sponsors. Avec l’espoir d’aller au bout de cette incroyable aventure humaine et de concrétiser ses rêves.

Benjamin Melot, qui êtes-vous ?

Je suis âgé de 29 ans et originaire de Courlans (près de Lons-le-Saunier), j’ai commencé la moto sur le tard (à 21 ans). Après avoir suivi une BEP et un Bac pro « cycles et motocycles » à Gray (Haute-Saône), j’ai suivi une formation complémentaire « mécanique compétition moto » au Mans. Une formation qui m’a mise tout d’abord en relation avec Hugo Dagod (compétiteur originaire du Jura), puis avec Cyril Despres.

 

Une rencontre déterminante ?

En effet ! J’avais à l’époque son poster dans ma chambre : un grand champion moto avec pas moins de 5 victoires au Dakar. Je suis donc devenu son mécanicien pendant plusieurs années pendant lesquelles j’ai beaucoup appris. Mon meilleur souvenir de cette époque reste d’ailleurs la victoire sur le Dakar en 2013 de deux pilotes de mon écurie : Cyril Despres et son second Ruben Faria. Je me disais alors : « Un jour, je le ferai moi aussi ce Dakar ! ».

 

C’est donc un rêve qui est devenu réalité en 2018 ?

J’ai en effet participé à mon premier Dakar au Pérou en janvier 2018 : une expérience fabuleuse qui s’est hélas terminée sur une casse moteur, à seulement 4 étapes de l’arrivée. Un moment douloureux, car mon objectif était de finir cette course exigeante. Le parcours 2019 n’est pas encore connu, mais chaque jour constitue un vrai marathon.

 

Comment se déroule une journée type ?

Le lever s’effectue très tôt, vers 4 h du matin. Depuis le bivouac, nous devons en effet rejoindre le départ, qui a lieu vers 7-8h. Commence alors la « spéciale » qui peut parfois durer pendant plus de 13 h ! En 2018, pour la plus longue spéciale, nous sommes partis à 5h du matin et rentrés à 18h30 : près de 1000 km, soit l’équivalent d’un Paris-Marseille dans les dunes ou les montagnes. Le soir, la journée n’est pas finie, car nous préparons le « road-book » du lendemain, ce qui représente 1 ou 4 heures de travail selon les pilotes.

 

Quelles sont les conditions de course ?

Au Pérou en janvier, il peut faire très chaud comme très froid. Mais le premier des challenges consiste à rouler à des altitudes très élevées : 3000, 3500, voire 4000 mètres d’altitude. La moto –par manque d’oxygène- tourne alors parfois à 50% de ses capacités, et il en est de même pour les pilotes : le cœur est très sollicité pour produire des efforts, il est donc préférable de rouler « coulé ».

 

Comment faire face à ces conditions extrêmes ?

Il faut une bonne préparation, tout d’abord physique. Mon coach sportif bisontin a élaboré un programme d’entraînement : gainage, endurance, proprioception, etc.

 J’ai aussi la chance de pouvoir m’entrainer tous les jours dans les dunes, car je vis depuis 2014 à Dubaï où je travaille pour KTM motos (secteur Moyen orient et Afrique du nord). J’ai d’ailleurs saisi cette opportunité professionnelle par rapport au Dakar, qui se court chaque année dans des contrées plutôt désertiques.

 

Quel est le secret de la réussite ?

La concentration permanente et une conduite défensive, car une chute peut être synonyme de blessures ou de dégâts sur la moto. Dans ces cas, la solidarité entre pilotes ou entre équipes fait partie de « l’esprit Dakar » : nous sommes une sorte de grande famille qui se connait bien.

Personnellement, même si j’ai la niaque, je me bats contre moi-même et non contre les autres : la différence entre être pilote privé et pilote officiel (tenu de faire des résultats) !

 

Quel est votre objectif cette année ?

Finir, tout simplement. Et éviter de me perdre, car nous devons valider tout au long de la spéciale des « way point » (étapes), sous peine de pénalités.  La navigation est donc un véritable enjeu. Mais mon objectif immédiat consiste à boucler le budget pour partir : ma moto -une KTM 450- est prête, mais il me manque encore 15 000 €. J’en appelle donc à la générosité des entreprises locales, car je suis fier d’être jurassien et franc-comtois, et j’aimerais porter leurs couleurs au Pérou.

De quoi leur procurer une visibilité médiatique entre autres (plusieurs TV réalisées en 2018) et du plaisir. Le Dakar reste en effet une exceptionnelle aventure humaine, dans des paysages à couper le souffle.

 

A suivre : 41e Dakar du 6 au 17 janvier 2019 au Pérou.

Contact : benjaminmelot.com/ Facebook

 

 

 


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