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La gestion financière source de polémique à Dampierre


Le conseil municipal de jeudi 5 Avril, au cours duquel l’adoption du budget était à l’ordre du jour, a été l’occasion de nouveaux déchirements au sein de l’équipe municipale après le rejet du compte administratif.

Grégoire Durant, le Maire de Dampierre, nous l’avait annoncé fin mars, malgré le rejet du compte-administratif par son conseil municipal (voir notre édition du 26 mars), il ne le représenterait pas à l’ordre du jour. C’est donc un projet de budget 2018, amputé de l’essentiel de son contenu, qui a vu le conseil municipal de la ville se déchirer un peu plus. 

Contexte budgétaire délicat 

Tout a débuté le 13 mars avec le rejet, par six voix contre cinq, du compte administratif (CA) de la commune, premier acte fort de la construction budgétaire. Pour Christophe Ferrand, premier-adjoint en charge des finances, des travaux complémentaires au chantier du parvis de l’école, commandés par le Maire sans aval du conseil municipal et sans respecter la procédure d’appel d’offre et de mise en concurrence, représentait une première pomme de discorde. Entachés d’irrégularités sur la forme, le paiement de ces travaux n’avait pu être effectué, ce qui a poussé, à l’époque, une courte majorité d’élus à rejeter le compte administratif. Dans un contexte délicat pour les collectivités locales, sur fond de baisse des dotations et d’incertitudes sur les compensations des ressources de la Taxe d’Habitation, le premier adjoint s’inquiète du montant du déficit à reporter en 2018, qui devrait dépasser les 10% du total des recettes autorisées, ainsi que d’une certaine « légèreté budgétaire dans la gestion de la commune » qui aurait mené à ce stade...

Communication rompue…

Après le rejet du compte administratif, Grégoire Durant nous avait confié qu’il souhaitait voir les conseillers municipaux s’impliquer dans la construction du futur budget primitif. Un chantier « théorique » car sans compte administratif à intégrer, il fallait « repartir de zéro » et créer un budget qui serait une coquille à moitié vide. La commission Économie et Budget s’est donc réunie, en l’absence du Maire, ce qui a exacerbé les ressentiments, mais n’a pas pu fournir de projet de budget. En revanche, Christophe Ferrand, a de nouveau dénoncé les irrégularités liées aux travaux du parvis de l’école, l’augmentation des salaires des agents communaux sans réels motifs, ainsi que la volonté d’avoir de nouveau recours à l’emprunt. Des éléments qui d’après lui font peser le risque d’une hausse des impôts locaux et qui le guident dans sa démarche. 

Visions politiques…

Dans cette ambiance délétère, le Maire répète assumer ses décisions, nous assurant que s’il y a effectivement un problème de forme sur les travaux complémentaires à l’origine de ces blocages, il aurait surtout péché par excès de confiance envers son conseil municipal. Pour Grégoire Durant, ce sont deux visions politiques qui s’affrontent, Christophe Ferrand se voulant apôtre de la rigueur, quand lui défend la nécessité pour la commune à assumer son rôle et à porter des investissements ambitieux. Mais en filigrane, il laisse entendre qu’il s’agit de manoeuvres bassement politiciennes, qui ne seraient destinées qu’à l’abattre, avec l’aval d’une personnalité centrale de la communauté de commune…  

Sortie de crise ? 

Alors que la situation est totalement bloquée dans l’attente de la décision de la Préfecture et du rapport de la Cour Régionale des Comptes, la mairie a perdue la main et ne peut pas agir, ni régler les factures bloquées, ce qui va générer des intérêts à régulariser. Force est de constater qu’aujourd’hui, la communication entre le Maire et son premier-adjoint est rompue, mais plus important encore, que le lien de confiance, nécessaire à la bonne marche de la collectivité est brisé. Grégoire Durant exclu de démissionner, sauf si sa santé devait pâtir des événements, pour ne pas donner raison à son premier-adjoint, estimant que les habitants de Dampierre seront le juge de paix et que « s’ils le souhaitent, j’arrêterais », tout en demandant à Christophe Ferrand « d’assumer ses responsabilités » et de travailler dans l’intérêt général. Pas évident dans ces conditions d’envisager une sortie de crise sereine… 


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